La discrimination et l’inégalité ne sont pas des mots habituellement entendus sur le sujet de la densité mammaire, mais nous sommes d’accord avec la Dre Paula Gordon, qui dans sa dernière présentation https://youtu.be/7uFksz6_4Zk https://youtu.be/7uFksz6_4Zk a déclaré que les femmes avec des seins denses sont victimes de discrimination.

Explorons.

1. Les femmes ayant les seins denses sont victimes de discrimination en fonction de la province dans laquelle elles résident.

À l’heure actuelle, seules la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard avisent directement TOUTES les femmes de leur densité mammaire, après une mammographie de dépistage.
Cette année, on s’attend à ce que le Nouveau-Brunswick et l’Alberta commencent à directement aviser TOUTES les femmes, ce qui donne cinq provinces avisant directement toutes les femmes concernant leur densité mammaire en l’année 2020.
Toutefois, trois provinces — l’Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan — ne vont qu’aviser directement les femmes si elles se trouvent dans la catégorie de risque la plus élevée. Et deux provinces, Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec n’ont pas l’intention d’informer directement les femmes.
Le fait d’aviser le médecin traitant ou le médecin de famille est insuffisant puisque cette information est rarement communiquée à la femme même.

En tant que tels, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec ne partagent aucunement avec les femmes des renseignements qui pourraient potentiellement sauver des vies suivant une mammographie de dépistage. Si vous habitez dans l’une de ces provinces, on vous refuse le droit de connaître cette information, ce qui vous empêche de vous protéger contre d’éventuels préjudices. Une femme ne peut pas prendre de décisions éclairées en matière de ses soins de santé lorsqu’on ne lui en parle pas. Ce manque d’information prive les femmes de mesures de limitation des risques, telles que le dépistage supplémentaire, l’évolution de facteurs liés au mode de vie afin de réduire les risques et la surveillance vigilante de changements au niveau des seins. Ce manque d’information peut entraîner un diagnostic plus tardif, ce qui réduit les chances de survie.

2. Les femmes ayant les seins denses font l’objet de discrimination en fonction des lignes directrices du Groupe d’étude canadien et des politiques provinciales du programme de dépistage du cancer du sein

Les programmes provinciaux de dépistage du cancer du sein ne reconnaissent pas que les femmes ayant les seins denses (catégorie C et D) tombent dans une catégorie de risque supérieure à la moyenne. Elles se trouvent dans une catégorie de risque plus élevé pour deux raisons : elles démontrent un risque accru du cancer du sein et un deuxième risque important que le cancer soit masqué par les tissus denses. Depuis 1976, nous connaissons que la densité mammaire augmente le risque de cancer du sein et depuis le milieu des années 90, nous savons que les mammographies ne sont pas suffisantes pour les femmes ayant des seins denses ; elles peuvent bénéficier d’un dépistage supplémentaire (échographie et/ou IRM).

Toutefois, le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs, un groupe de 14 membres qui n’inclut aucun expert en dépistage du cancer du sein, a déconseillé le dépistage supplémentaire chez les femmes ayant les seins denses ; le Groupe d’étude ne reconnaît pas qu’elles tombent dans une catégorie de risque supérieure à la moyenne. Par conséquent, les programmes provinciaux de dépistage continuent de traiter les femmes ayant les seins denses comme si elles tombaient toutes dans le groupe à risque moyen, quand ce n’est pas du tout le cas. De plus, la densité mammaire est maintenant reconnue comme un facteur de risque nettement plus fréquent que les antécédents familiaux. Par défaut, les provinces sont malavisées de suivre ces lignes directrices lacunaires, même si des vies sont inutilement perdues en conséquence.

3. Les femmes ayant les seins denses sont victimes de discrimination sexuelle

Selon les gouvernements, il est nuisible d’informer les femmes de leur densité mammaire, car cela peut leur créer de l’anxiété. Si les femmes sont informées qu’elles ont des seins denses, certaines femmes pourront demander un dépistage supplémentaire ce qui peut entraîner une fausse alerte et peut-être une biopsie. Tout résultat de test de dépistage contient de fausses alertes et une découverte suspecte peut susciter une biopsie à l’aiguille, mais cette procédure est non invasive, rapide et peu coûteuse avec l’anesthésie locale ; un cancer est découvert dans environ 20 à 30 % des cas. L’argument de l’anxiété est paternaliste. L’anxiété n’empêche pas les gens d’être informés que leur tension artérielle ou leur taux de cholestérol est élevé. Les femmes peuvent tolérer une anxiété passagère. Des recherches démontrent que les femmes préféreraient subir une anxiété à court terme causée par une fausse alerte plutôt que de manquer le diagnostic d’un cancer (un faux négatif). Il est regrettable qu’on accorde plus d’importance à la préoccupation de l’anxiété qu’à un diagnostic à un stade ultérieur qui suscite un pronostic moins favorable.

4. Les femmes ayant les seins denses et diagnostiquées avec un cancer font l’objet de discrimination

Les femmes atteintes de cancers du sein et qui ont des seins denses sont souvent diagnostiquées lorsque leur cancer est d’une plus grande dimension, et plus souvent s’est propagé aux ganglions lymphatiques, de sorte qu’ils ne sont pas admissibles à des traitements moins agressifs offerts aux femmes dont les cancers sont diagnostiqués à un stade précoce. Et parce qu’elles sont diagnostiquées plus tard, elles reçoivent un pronostic plus grave.

Les femmes avec des seins denses, qui n’ont pas été informées avant ou au moment du diagnostic, sont également victimes de discrimination parce qu’elles n’ont pas été averties de leur risque accru de récidive. Cela peut avoir un impact sur leur traitement et leur pronostic. Les femmes ayant les seins denses étant diagnostiquées avec le cancer ont besoin d’être informées afin qu’elles puissent envisager l’IRM pour s’assurer qu’aucune tumeur supplémentaire n’est cachée avant de décider entre une tumorectomie ou mastectomie, ainsi que pour examiner l’autre sein en cas de cancer masqué.

De plus, les femmes ayant les seins denses et atteintes d’un cancer sont à risque plus élevé d’en obtenir un deuxième comparativement aux femmes n’ayant jamais eu de cancers. Avec la connaissance qu’elles ont une haute densité mammaire, elles pourront exiger une échographie ou une IRM en sus des mammographies de suivi. Au Canada, les femmes ayant les seins denses et atteintes d’un cancer ne sont habituellement offertes que des mammographies. Pourtant, l’American College of Radiology conseille maintenant que les femmes atteintes d’un cancer et ayant des seins denses doivent obtenir une IRM annuelle. Les femmes qui ont eu un cancer du sein sont à risque plus élevé d’obtenir un deuxième cancer dans le même sein, si les seins ont une haute densité mammaire. Les femmes ayant une forte densité mammaire sont à risque beaucoup plus élevé d’une récidive locale comparativement aux femmes ayant les seins les moins denses. Les femmes doivent être mises au courant de cette information afin qu’elles puissent être vigilantes, qu’elles aient accès au dépistage le plus efficace possible et qu’elles puissent défendre leurs intérêts le cas échéant.

Chaque femme au Canada a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. La dissimulation de renseignements par les autorités de santé publique refuse aux femmes la protection contre d’éventuels préjudices.