Michelle

En juillet 2014, j’ai découvert deux petites masses sur mes seins alors que j’étais sous la douche. C’était curieux, car je ne les avais pas remarquées avant; c’est comme si elles étaient apparues sur ma peau du jour au lendemain. Ma médecin de famille a cru qu’elles étaient peut-être dues aux hormones. Elle m’a indiqué qu’elle fixerait un rendez-vous pour une échographie, mais que si les masses disparaissaient au bout d’un mois, je n’avais qu’à la faire annuler. Mais les masses n’ont pas disparu.

Nous sommes maintenant le 26 août 2014 : un jour à oublier. Lorsque ma médecin m’a annoncé que j’avais le cancer du sein, le seul fait d’apprendre cette nouvelle a provoqué un stress insoutenable. C’est incroyable tout ce qui a pu me traverser l’esprit à ce moment : vais-je mourir? Comment vais-je l’annoncer à mon mari, à ma famille et à mes enfants, qui sont si petits? Devront-ils continuer à vivre sans moi? Ma médecin, que Dieu la bénisse, a pris ma main et ne cessait de me dire que tout irait bien. Je ne me rappelle pas combien de fois elle a répété cette phrase, mais lorsque j’ai fini par l’entendre, un déclic s’est produit. Je me suis dit oui, peut-être bien. Je me suis tournée vers elle et je lui ai dit : « Mary, le temps me manque; quel est le plan? » Elle m’a regardé, puis souri pour me répondre : « Je sais. » Et voilà comment tout a commencé.

Là où le bât blesse, c’est que les résultats de ma mammographie passée en avril étaient normaux. Mon oncologue m’a appris que j’avais le cancer du sein depuis au moins trois ans. Trois ans! Mais comment cela pouvait-il être possible? Chaque année, et ce, depuis trois ans, je passe une mammographie Je suis encore plutôt jeune. Elle a poursuivi en précisant que les radiologistes ont examiné ma mammographie, vu du tissu mammaire blanc, pris mon âge en considération pour conclure à des « seins denses » (le tissu mammaire dense et le cancer apparaissent en blanc sur la mammographie). Ils sont arrivés à cette conclusion trois fois plutôt qu’une! Ils ne pouvaient pas avoir plus tort! Par conséquent, je n’ai pas pu profiter d’un dépistage précoce qui m’aurait possiblement permis d’avoir une chirurgie mammaire conservatrice. Puisqu’on en est arrivé à cette conclusion, j’ai plutôt subi de la chimiothérapie qui a failli me tuer; en tout, je suis restée à l’hôpital dix-sept jours au cours des six premières semaines de traitement. J’ai subi 28 séances de radiothérapie qui m’ont « brûlé » au point où je ressens encore de la douleur dans la zone de l’incision. J’ai eu six interventions : deux pour enlever la bordure autour des tumeurs, une mastectomie bilatérale et trois chirurgies reconstructives, et je n’ai toujours qu’un seul sein.

Inutile de vous dire qu’ils n’ont pas tiré le bon numéro pour se tromper, car je suis furieuse. Cet été-là, j’ai dit à mon père que je devais faire quelque chose pour accroître la sensibilisation aux seins denses. Je sais que si je ne le fais pas, je vais m’en vouloir. Je dois le faire! Toutes les femmes ont le droit d’obtenir l’information nécessaire sur leur santé. À l’heure actuelle au Canada, les radiologistes ne sont pas tenus de nous dire que nous avons des seins denses. Plutôt intéressant, non? De plus, ils ne sont pas obligés de fournir cette information à nos médecins de famille. Je ne souhaite mon expérience à personne. J’ai vécu tout cela parce que mes médecins ont pris des décisions sur ma santé; c’est moi qui ai le dernier mot après tout!

Michelle lives in British Columbia and in 2014 at age 44 she was diagnosed with Stage 2B cancer. She found a lump 4 months after a normal mammogram. She cofounded densebreastscanada.ca in 2016.