Ellen

Le 1er décembre 2015, j’ai découvert une masse alors que je procédais à un auto-examen des seins. J’ai pu consulter mon médecin de famille le jour même, qui a confirmé la présence d’une masse et prescrit un examen diagnostique. Deux jours plus tard, soit le 3 décembre 2015, j’ai passé une mammographie qui n’a détecté aucune anomalie. Toutefois, en Colombie-Britannique, si une masse palpable est découverte, une échographie est exigée (ainsi qu’une biopsie, le cas échéant), même si la mammographie est normale.

Malgré l’absence d’anomalie sur la mammographie, la masse était bien visible sur l’échographie; on a procédé à une biopsie. Le 10 décembre 2015, j’ai rencontré mon médecin de famille, qui m’a annoncé que la biopsie confirmait la présence d’un carcinome canalaire invasif de grade haut. Sans l’échographie exigée par le protocole après la découverte d’une masse palpable, on n’aurait pas détecté mon cancer. Deux ans plus tôt, j’ai passé une mammographie qui n’avait révélé rien d’anormal. On m’avait informée alors (de façon non officielle) que j’avais des seins très denses.

En janvier 2016, j’ai subi une mastectomie partielle (par une chirurgie de reconstruction mammaire) et une biopsie des ganglions sentinelles : les ganglions axillaires retirés lors de la biopsie n’étaient pas atteints, mais on a trouvé un ganglion intramammaire atteint dans le tissu mammaire lors de l’examen. En plus d’un carcinome canalaire invasif de 1,6 cm et du ganglion atteint, l’examen a également révélé un carcinome canalaire in situ de 2,6 cm, dont la taille indiquait qu’il se développait depuis quelque temps (non détecté sur les mammographies antérieures).

Les biomarqueurs tumoraux ont dévoilé ce qui suit : cancer de type HER2+, ER+/PR- de grade histologique 3, tous des facteurs signifiant que le cancer est agressif et qu’il est susceptible de récidiver. En plus de la chimiothérapie, j’ai subi un traitement au trastuzumab (Herceptin) ainsi qu’un traitement par anticorps monoclonaux ciblant la prolifération de la protéine HER2. Étant donné le type de cancer (ER+), je dois suivre une hormonothérapie (anti-œstrogènes) pendant une période allant de cinq à dix ans.

Les traitements actifs sont presque terminés (intervention initiale, 8 séances de chimiothérapie, 33 séances de radiothérapie et 12 mois de traitement au trastuzumab (Herceptin). Des mammographies devront être effectuées annuellement pour contrôler le risque de récidive locale : la première a eu lieu en février 2017 et les résultats sont normaux. J’ai demandé à l’oncologue quelle était la densité relevée par le radiologiste, et il m’a répondu que j’avais un tissu mammaire dense et hétérogène de catégorie C. Cette densité signifie que de petites masses peuvent être invisibles sur une mammographie standard.

Comme on n’a pas détecté mon premier cancer sur la mammographie, je ne crois pas que les mammographies ultérieures pourraient déceler toute récidive. Mon oncologue a exigé que je passe une IRM en plus de la mammographie pour les dix prochaines années en raison de ma densité mammaire ainsi que du statut HER2 et du grade histologique de mon cancer. Après cette période, les risques de récidive d’un cancer de type HER2+ sont très bas.

Je suis très inquiète de la fausse impression de sécurité que procure une mammographie normale. Si vous avez des seins denses, les risques que l’on ne détecte pas certaines choses sont bien réels! Je suis également troublée par le fait que l’on ne m’a pas informée des risques accrus de cancer du sein associés à la densité, et que ces risques sont plus élevés si un membre de la famille immédiate souffre de cette maladie. Les femmes doivent le savoir! Et l’accès à cette information ne devrait pas être déterminé en fonction de la province de résidence. Je suis très reconnaissante que des organismes comme Seins Denses Canada fassent connaître cet enjeu au public.

Ellen lives in British Columbia. In 2015, she was diagnosed at age 48 with s=Stage 2B cancer. She found a lump which was not visible on mammogram because of her dense tissue but the tumour was visible on ultrasound.