Naomi

Mon histoire tourne autour de deux anomalies non détectées à l’aide de la mammographie et de l’échographie. En novembre 2012, j’ai découvert une masse dans mon sein droit. J’ai passé une mammographie ainsi qu’une échographie. On m’a informé que j’avais des kystes et que je n’avais pas à m’en inquiéter. Le 26 novembre 2014, j’ai passé ma mammographie de suivi (recommandée tous les deux ans); le Programme ontarien de dépistage du cancer du sein a confirmé par écrit que mon examen était normal. Le 4 décembre 2014, j’ai consulté mon médecin pour lui montrer les trois ganglions lymphatiques enflés sur le côté droit de mon cou. Je croyais qu’il s’agissait d’une infection, mais il a affirmé que ce n’en était pas une : il me prescrit donc des tests sanguins, une tomodensitométrie (TDM) et une biopsie, qui a eu lieu le 11 décembre 2014. Le 30 décembre 2014, on m’a annoncé que j’avais le cancer du sein, 35 jours après une mammographie normale. Inutile de vous dire que j’étais sous le choc. Le 2 janvier 2015, j’ai rencontré mon oncologue. Lorsque je reçus l’appel pour le rendez-vous, j’ai été étonnée de la rapidité des procédures. Mon mari et moi avons attendu une heure et demie avant de rencontrer l’oncologue. Il s’est excusé du retard, et je lui ai répondu que l’on m’avait dit qu’un de ces rendez-vous avait été annulé. Il a rétorqué qu’aucun de ses rendez-vous n’avait été annulé, et que mon cas ne pouvait pas attendre. Voilà comment mon histoire a commencé. Je suis passée par toutes les étapes : chimiothérapie, mastectomie, radiothérapie. En juin 2015, lors de mon rendez-vous d’après intervention avec mon oncologue, j’ai appris que le cancer s’était propagé à ma colonne vertébrale et à mon bassin. Le pronostic initial était optimiste : je pouvais guérir du cancer. Mais cette nouvelle a changé la donne, car on est maintenant en mode palliatif. Techniquement, je suis en phase terminale. De quelle manière la densité mammaire a-t-elle influencé les diagnostics de cancer que j’ai reçus? En mai 2017, j’en ai appris plus sur la densité mammaire et sur la façon dont elle peut avoir des répercussions sur les mammographies.

J’ai alors entrepris des démarches pour savoir si j’ai un tissu mammaire dense. J’ai rencontré mon médecin de famille et je lui ai demandé les résultats de mes mammographies de 2012 et de 2014. Ceux de 2012 n’indiquent pas explicitement si j’ai un tissu mammaire dense, mais ceux de 2014 soulignent que j’ai un tissu mammaire à densité assez élevée. On recommande que je passe une autre mammographie dans un an au lieu de la passer tous les deux ans. Mon cancer du sein se situait également dans les lobules, ce qui signifie qu’il a pris naissance dans les canaux galactophores (petits conduits transportant le lait). Malheureusement, ce type de cancer est difficile à détecter sur une mammographie. Par conséquent, je crois que la masse découverte en 2012 était un cancer, et que puisqu’il était dans les lobules, il n’a pas été détecté. En 2014, la masse que j’avais était assez grosse (6 cm x 4 cm). Ainsi, je crois qu’elle a grossi pendant un bon bout de temps.

Je m’affaire aujourd’hui à sensibiliser le public à la densité mammaire et à ses répercussions. Les femmes doivent connaître la densité de leurs seins. Nos médecins nous informent si notre taux de cholestérol ou de sucre est élevé, alors ils doivent en faire tout autant en cas de tissu mammaire dense. Si une femme a un tissu mammaire dense, le protocole devrait exiger qu’elle passe une échographie pour confirmer les résultats de la mammographie. Comme on le mentionne dans ce site Web, le tissu mammaire est blanc sur la mammographie, ce qui complique le dépistage de tumeurs, car celles-ci apparaissent blanches aussi. Sur l’échographie, les tumeurs sont noires et la densité mammaire, blanche, ce qui les distingue bien. Je crois encore que les mammographies représentent un allié important dans le dépistage du cancer du sein, mais les femmes doivent connaître leur densité mammaire afin qu’elles puissent prendre des décisions éclairées sur la santé de leurs seins. On n’a pas détecté mon cancer en raison de mon tissu mammaire dense et de son emplacement dans les lobules.

Je veux rappeler aux femmes qu’elles doivent être proactives relativement à la santé de leurs seins. Si les résultats de votre mammographie sont normaux, consultez votre médecin et demandez-lui les résultats du radiologiste. Si vous avez un tissu mammaire dense, exigez de passer une échographie. Si vous découvrez une masse et que vous avez un tissu mammaire dense, insistez pour passer d’autres tests, même si cela signifie de subir une biopsie par forage. Croyez-moi, j’ai subi une telle biopsie et ce n’était pas si terrible. En 2012, si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, j’aurais insisté pour passer des tests supplémentaires, aussi terrifiants soient-ils. Si je peux sauver une femme grâce à mon histoire, cela en aura valu la peine.

Naomi lives in Ontario and was diagnosed at age 52 with Stage 3, later upgraded to Stage 4. Please watch her video.